Cigale commune |
- ordre : Hémiptères
- s/ordre : Homoptères
- famille : Cicadidés
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Tibicen plebejus (Scopoli) |
Synonymes : lyriste
plebejus, cigale plébéienne, grande cigale,
musicienne du peuple
étymologie : tibicen = joueur de flûte;
plebejus = de la plèbe, issue du peuple. populaire,
commun.
La cigale commune ou lyriste populaire est
la plus grande des cigales indigènes avec un corps
de 30 à 37 millimètres, 50 mm ailes comprises.
Cette musicienne du peuple est commune en Provence, c'est
elle et quelques autres, toutes aussi communes, comme la Cigale de l'orne : Cicada
orni, que l'on entend l'été en région
Méditerranéenne. Son chant est une cymbalisation
forte, puissante et pénétrante, audible de très
loin.
Comme les autres représentants de la famille de Cicatoidea,
cette cigale passe la plus grande partie de son existence
sous terre. Durant 4 ans, elle se nourrit de la sève,
sucée sur les racines des plantes hôtes, souvent
les pins.
Vers fin juin, elle sort de terre pour effectuer sa dernière
mue larvaire et se changer en insecte ailé, qui n'aura
plus qu'un but : se reproduire. Cette période est très
courte, et il ne lui reste plus qu'environ deux mois pour
trouver un ou une partenaire, lui conter fleurette et terminer
sa vie ..
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- photo
2 : 04 juillet 2004, 17h49, j'aperçois
en faisant le tour d'un jardin des contreforts du lac
Salagou, qu'une larve de cigale vient tout juste de
sortir de son trou et cherche l'endroit idéal
pour faire peau neuve. Je la suis, l'accompagne du regard
et l'encourage pour trouver un bel arbre et y grimper.
Un petit pin, planté là par les propriétaires,
il y a bien cinq ans de cela. En fait, la larve sortait
d'un trou gros comme un pouce, parmi déjà
une bonne trentaine de trous identiques, tous entre
4 et 5 mètres d'une haie de cyprès méditerranéens
âgés d'une bonne trentaine d'années..
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- photo 3 : 18h21
- une fois bien accrochée au support, tronc d'arbre,
brindille, tige de plante ..., elle inspire de l'air, se gonfle
et la peau de la l'exuvie se fend le long du dos. Commence
à apparaître la tête de la future cigale
...
- photo 4 : 18h26 -
tout doucement, par petits mouvements presque imperceptibles,
les pattes antérieures suivent, puis tout le thorax
...
- photo 5 : 18h28 -
encore un petit effort, et tout l'avant de l'insecte sera
à l'air ...
photo 6 : 18h29 - Ouf, soufflons
un peu, la cigale reste ainsi quelque minutes sans doute le
temps de reprendre quelques forces, profitons de cet instant
de répit pour observer le rostre qui permet à
l'insecte de se nourrir en piquant l'écorce des arbres
ou autres plantes et en aspirer la sève. Finalement,
la cigale ne serait qu'un gros puceron !!!
Puis elle se replie vers l'avant pour s'agripper à
cette peau qui ne lui convient plus et ...
photo 7 : 18:44 -
libère complètement son abdomen ...(dommage,
la photo est un peu ratée, mais j'ai quand même
voulu conserver l'instant).
photo 8 : 18h47 -
Les ailes encore complètement froissées se tendent
doucement par injection de serum dans les nervures et sèchent
à l'air libre ...
photo 9 : 18:52
- pour donner les deux paires d'ailes, rigides, transparentes
et brillantes, posées en toit au dessus du corps, un
des caractères de l'espèce. Notre cigale est
un mâle, seuls les mâles chantent, et nous voyons
nettement les cymbacalyptes
ou protèges-timbales
ou encore protège-cymbales,
les deux disques situés au début et de chaque
côté de l'abdomen.

photo 10 : 19h15
- les ailes ont durcies et sont bien en place, encore quelques
instans à prendre le soleil déclinant et le
travail sera terminé.
photo 11 : 19:20 -
Juste avant que la belle ne s'envole, encore une petite photo
pour bien visualiser les trois yeux simples ou ocelles frontales
(un autre caractère typique de la famille), que l'on
apperçoit parfaitement sur l'insecte aux couleurs encores
immatures. En plus de ses gros yeux aux innombrables facettes
lui permettant de voir et à gauche et à droite
en même temps, ses trois petits yeux frontaux, lui augmentent
encore son champ de vision vers l'avant. Pas étonnant
qu'il est si difficile de s'en approcher.

Photo 12 - environ
4 heures se sont écoulées depuis la sortie de
terre, les ailes ont bien séchées et durcies
et le bel insecte s'est envolé. Un peu partout l'on
retrouve ces dépouilles accrochées à
un brin d’herbe, rameau ou tronc d’arbre. La belle
est partie avec ses couleurs vertes et pâles, et il
lui faudra encore quelques jours avant d'arborer ses couleurs
plus chaudes et définitives.
31/08/04
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